TU DORS NICOLE, Stéphane Lafleur (film)

Avec Julianne Côté, Catherine St-Laurent, Francis La Haye, Simon Larouche, Godefroy Reding et Marc-André Grondin

 affiche tu dors Nicole

Tu dors Nicole, c’est un film qui sent bon l’été. Il raconte les vacances de Nicole, l’année de ses vingt ans. Il fait chaud, et le temps est long dans cette petite ville du Canada. Il y a quelque chose de lent et désertique dans ce film, qui représente assez bien la période estivale dans certains lieux. C’est un très beau film, qui nous offre un regard tendre (presque nostalgique) de cette vie.

Le film est en noir et blanc : un peu surprenant au début, mais on s’y habitue vite, d’autant que les images sont très belles. Ça fait du bien de changer un peu de temps en temps, et d’oublier les couleurs pour regarder différemment.

Dans le silence de la maison que ses parents lui ont laissée, va débarquer un frère, accompagné de son groupe de musique. Entre monotonie du quotidien et petits chamboulements, l’été s’écoule comme un ruisseau et Nicole rêve de ne rien faire, mais rien faire ailleurs.

Les personnages sont singuliers et touchants, ils pourraient être plus comiques dans un autre contexte, mais ce film a un côté un peu sérieux, presque absurde, qui les rend seulement très tendres. La musique suit bien l’histoire, sans en être spécialement marquante.

Enfin, j’ai beaucoup aimé la fin.

Un fim sensible, vraiment à voir.

TROIS SOUVENIRS DE MA JEUNESSE, Arnaud Desplechin (film)

Avec Quentin Dolmaire, Lou Roy-Lecollinet, Mathieu Amalric…

Maintenant adulte, Paul Dedalus revient sur trois moments marquants de sa vie, en particulier sa rencontre avec Ester, à Roubaix.

 affiche trois souvenirs de ma jeunesse

La première chose que j’ai pensé après avoir vu ce film, c’est qu’il aurait pu s’appeler « Un souvenir de ma jeunesse », puisque le troisième souvenir occupe la majeure partie de l’espace, tant dans l’importance que dans le temps qui lui est accordé. A mes yeux, les deux premiers souvenirs sont assez anecdotiques, voir inutiles. Ils mettent en place un aperçu de la jeunesse du héros, mais ne le définissent pas vraiment et ne trouvent pas non plus de résonnance par la suite. On s’attend un peu à ce qu’un détour scénaristique les ramène en pleine lumière, mais non.

Malgré cette envie de faire des coupes massives dans le scénario, j’ai quand même apprécié ce film, certes bavard, mais joliment déclamé. On lui a reproché d’être froid et artificiel, mais j’ai personnellement apprécié ce côté très mis en scène qui, étrangement, renforce un certain réalisme. Le style des acteurs a un côté théâtral qui m’a bien plu, surtout pour Quentin Dolmaire; et la diction donne aussi une certaine force au film, par moment un peu mou.

J’ai donc quand même plutôt aimé ce film, pour son ambiance plus que pour l’histoire, même si j’ai aimé la façon dont les choses étaient racontées. Allez le voir si vous aimez ce genre un peu naturaliste très « cinéma français » dans son cliché. Il s’y côtoie un côté très réaliste et à la fois absurde et exagéré, il faut donc aimer ce genre d’ambiance.

Attention à la bande-annonce qui raconte à peu près tout le film, mais en plus rythmé et avec une ambiance différente. Le film est plus lourd et torturé.

Il y a aussi pas mal de clichés dans ce film : l’étudiant fauché qui se trouve une chambre de bonne avec vue sur la Tour Eiffel, oui, bon… Si, malheureusement, j’ai réussi à vous dégoûter ce film, vous pouvez toujours regarder cette vidéo (qui n’a rien à voir, à part cette histoire de Tour Eiffel) :

https://www.youtube.com/watch?v=2V7V5E0jlYM

Et vous? Vous l’avez vu?